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Nos disques de 2021

Découvrez notre sélection de disques qui nous ont marqué au cours de l'année 2021

Pour marquer cette année riche en sorties, vous trouverez ici les albums qui nous ont le plus marqués depuis janvier. Enfin... une partie car il n’y avait pas de place pour tous les vinyles qui nous sont passés entre les mains en 2021 ! Peu importe que ce soit des nouveautés, des rééditions ou des compilations, s’ils sont ici c’est qu’ils nous ont touchés, d’une manière ou d’une autre et que nous voulons les partager avec vous. Car c’est bien là une des plus belles caractéristiques de la musique : le partage. Des producteurs vers les auditeurs bien sûr mais le partage entre passionnés joue également un rôle primordial.

L’association entre l’un des meilleurs de groupes de rock français que nous ayons eu depuis longtemps et le parrain de la techno, dj et producteur émérite, vous parait plus qu’improbable ? Et bien détrompez-vous car cela fonctionne, et très bien même ! Suite à une rencontre durant laquelle ils se sont très bien entendus, la décision de faire quelque chose ensemble avait été prise. Mais quand ? Le confinement a bien aidé à en trouver et cet album a été composé à distance. Les Liminanas posant les bases mélodiques et rythmiques et Garnier qui réarrangeait le tout en rajoutant ces claviers. Au final le son des sudistes est toujours là mais avec une touche planante et synthétique en plus. Une vraie réussite que ce concept album sur l’histoire d’amour de deux lycéens un peu en marge. Vous avez loupé l’édition limitée ? Rassurez-vous il reste la version classique pour les retardataires !

Il y a ceux qui pensait qu’elle n’était qu’une « fille de » qui avait fait un tube avec These boots are made for walkin’ en 1965. Il y a ceux qui la connaissaient pour avoir interprété le morceau titre du James Bond You only live twice composé par John Barry en 1967.  D’autres avaient remarqué son titre Bang bang (repris par Sheila) dans la bande originale du Kill Bill de Quentin Tarentino. Et puis il y a tous ceux qui se sont intéressés à ses disques via le prisme de Lee Hazlewood, son compagnon musical et producteur, que l’on a (re)découvert il y a quelques années. Pour toutes ces raisons (et encore bien plus) vous devriez jeter une oreille sur cette compilation très bien pensée qui regroupe quelques-unes de ses chansons les plus mémorables (comment résister à Summer wine ou Some velvet morning ?) en solo ou avec notre moustachu à la voix grave préféré.

Para One « Spectre : machines of loving grace » (Animal63, 2021)

Il faut bien avouer que nous avions un peu lâché la musique du producteur français qui avait fait les grandes heures de TTC et du label Institubes dans les années 2000. Après deux bandes originales de films, La naissance des pieuvres (2007) et Girlhood (2014), il a fait son grand retour cette année avec cet album. Belle pochette, titre en forme de James Bond... Il n’en a pas fallu plus pour qu’on jette une oreille sur ce Spectre et grand bien nous en a pris ! Avec sa patte musicale il nous emmène dans un voyage de 55 minutes qui passe par l’ambient, l’indus ou l’electronica via des beats parfois complexes mais jamais compliqués, des chœurs vocaux en provenance d’Asie et de samples bien sentis. Nous sommes immédiatement tombés sous le charme de ce disque qui n’est pas sans rappeler les albums des débuts de Warp et que nous vous recommandons de coupler avec celui de Joakim, Second nature, paru sur Tigersushi en cette année également.  

Les puristes vous diront peut-être que ce n’est pas assez street, que c’est trop policé mais cet album a plus fait pour la cause du rap en France que la plupart des disques underground. Quand il paraît en 1991, il faut bien le dire : pas grand monde n’écoute du hip hop... Mais les choses s’apprêtent à changer. Solaar avec son flow impeccable et un vocabulaire très riche devient vite grâce à ce premier disque la tête de proue du rap hexagonal. Comment résister à des titres aussi catchy que Victime de la mode, Caroline ou Bouge de là (avec un sample du groupe de funk UK Cymande) ? Mais tout le mérite ne revient pas qu’au rappeur. Il a su s’entourer de très bons producteurs qui ont su composer des instrumentaux sur mesure pour lui : Jimmy Jay bien sûr mais aussi Boombass et Zdar soit le duo qui deviendrait Cassius quelques années plus tard. Jamais réédité jusqu’à maintenant pour d’obscures raisons de droits il faut saluer ce repressage qui permet de profiter désormais de cet album mythique dans le format que nous aimons tous, le vinyle ! 

Ce projet électronique n’est pas connu du grand public mais les fans lui accordent un statut quasi mystique. Comme d’ailleurs à toutes les productions de Gerald Donald, moitié de Drexciya, et éminence grise de la techno de Detroit depuis les années 1990. Si vous cherchez de la house ensoleillée pour égayer vos apéros, passez votre chemin. Ici tout est sombre, glacial, motorique mais possède un côté totalement envoûtant. Le producteur américain laisse ici libre cours à son goût très prononcé pour la science, un peu à la manière de Kraftwerk, groupe qui l’a énormément influencé. L’original de 2002 sur le label français Record Makers étant devenu très cher sur le marché de l’occasion, cette réédition est vraiment la bienvenue. D’autant plus qu’ils ont eu la bonne idée de represser également le Inertial frame de 2006.

Le brésilien a fait ses armes dans différents groupes, notamment Little Joy avec Fabrizio Moretti (batteur des Strokes) et Los Hermanos, une formation active entre 1999 et 2008 dans son pays natal. Beaucoup l’ont découvert car c’est lui qui interprète Tuyas, le morceau du générique de la série Netflix à succès Narcos. Exilé à Paris depuis quelques temps, il a réussi à represser en 2021 son album solo de 2013, Cavalo, mais c’est Drama, également sorti cette année, qui a particulièrement retenu notre attention. Le multi-instrumentiste y développe sa vibe unique qui pioche dans la pop doucement psychée, la folk, le Tropicalisme (courant brésillien de la charnière 60-70’s dont les principaux acteurs sont Gilberto Gil, Gal Costa, Caetano Veloso et Os Mutantes) avec un soupçon de jazz pour le swing. Son chant trainant colle à merveille à ses mélopées qui invitent à la paresse. Une vraie belle découverte !

Autant le dire tout de suite, nous sommes un peu déçus car vous n’avez pas l’air d’avoir autant eu un coup de cœur sur ce disque que nous. Le jazz des années 80 a souvent été décrié et est resté très longtemps sous les radars de la plupart des collectionneurs de vinyles. Erreur ! Le label Ici Bientôt nous propose ici de pouvoir avoir accès à ce magnifique LP dont l’original paru en 1985 est devenu très rare. Comme l’a dit quelqu’un : « Ce n’est pas du jazz, ce n’est pas du folk, ce n’est pas de l’ambient. Cette musique va au-delà des mots et des genres ». C’est tellement bien résumé qu’on voit mal quoi ajouter à part que ce quintet comptait dans ses rangs Renaud Garcia-Fons, sommité de la contrebasse, dont les albums ont toujours été ouverts aux métissages. Ce disque pourra plaire aux fans de jazz (tendances deep et world), aux personnes qui aiment les sonorités méditerranéennes, à tous ceux qui apprécient la musique relaxante et aux curieux tout simplement ! 

Attention : un futur très grand ! L’anglais repéré par le toujours impeccable label Mr Bongo a lancé son premier album cette année et le moins que l’on puisse dire c’est que c’est une bombe... Tout d’abord il y a sa voix entre Prince et Horace Andy selon les moments. Ensuite ses compositions gorgées de soul et de funk, à la fois empreintes de la tradition mais très modernes dans leur approche comme seul un anglais peut le faire ! Un autre trait british que l’on retrouve ici : l’humour avec le clin d’oeil du titre. Plus que 11 titres alignés sur un LP ce Sgt Culpepper est une vraie histoire en plusieurs parties : The battle, The surrender, The love et The lesson. Varié, sincère, maîtrisé de bout en bout, un bien bel album qui promet à son auteur une carrière qui commence sous les meilleurs auspices. Avec Curtis Harding et Leon Bridges, Joel Culpepper est le 3ème soul man à ne pas louper cette année, on vous aura prévenu.

Le duo turco-britannique avait créé la surprise en 2019 avec leur premier album, Mantra moderne. La musique de Kit Sebastian ne ressemble à aucune autre et c’est tant mieux ! Ils piochent allègrement dans les influences brésiliennes, turques, le jazz pour le côté swing et la pop psychée pour créer quelque chose qui leur ressemble : un son moderne mais avec la patine de l’ancien. Après une longue pérégrination dans la campagne française qu’ils ont fait partager à leurs fans sur les réseaux sociaux, ils ont remis le couvert cette année pour Melodi. Peut-être un brin moins accessible que son prédécesseur, ce disque creuse un peu plus le sillon musical qu’ils avaient élaboré en ajoutant parfois des ambiances qui ne sont pas sans rappeler la pop funky française qui fleurtait avec le jazz funk au début des années 1970... Un groupe unique à découvrir absolument !

Le phénomène Greta Van Fleet revient avec un disque plus singulier, riche, et vraiment soigné dans ses moindres détails. Alors oui, on connait la fameuse comparaison avec Led Zeppelin, celle-ci est indéniable. Nous retrouverons toujours d’un côté ceux qui pointent du doigt un simple hommage sans trop de prises de risques au légendaire groupe tandis que d’autres sont enthousiastes à l’idée de réentendre ces sonorités 70’s qui nous manquent aujourd’hui dans le rock. Mais là où The battle at garden’s gate nous a fait plaisir c’est qu’il ose davantage ! A l’écoute on ressent bien évidemment une forte influence grâce à la voix impressionnante du chanteur rappelant Robert Plant et aux riffs entêtants du guitariste. Mais on retrouve également des ballades, des arrangements orchestraux et un côté emprunté au rock progressif dans certains morceaux. On retiendra le puissant, Heat Above, un titre rempli de nuances et riche rythmiquement et The weight of dreams qui nous fait voir d’autres aspects du quatuor ; ce bijou de composition nous faisant passer par tous les états... Un disque qui donne envie de suivre la progression d’un groupe qui dévoile de plus en plus leur facette originale. 


Bien sûr ce n'est qu’une toute petite partie des albums qui nous ont passionnés cette année. On aurait pu aussi évoquer la réédition d’un chef d’oeuvre français des années 80 perdu, Uman, le LP solo de Finneas, frère de Billie Eilish et également son principal producteur, War On Drugs, Idles ou Parquet Courts au niveau rock indé, les rééditions jazz Blue Note de la superbe série Tone Poet et des dizaines d’autres ! Et vous, quels sont vos coups de cœur de 2021 ? Faites-nous partager ça en commentaire !

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