Le jazz français se porte bien en septembre

Découverte

On parle beaucoup du jazz anglais depuis quelques années car il affiche une créativité débridée qui connait un succès auprès d’un public bien plus large que l’habituelle palette des aficionados et autres « jazz cats ». Les Sons Of Kemet, Nala Sinephro, Collocutor, Shabaka Hutchings, Matthew Halsall, Yusef Kamal, Zara MacFarlane ou Binker & Moses ont su séduire les amoureux de hip hop, de soul ou d’électro dans un paysage aussi bigarré que les acteurs qui le composent. La France, si elle a toujours recélé de solides jazzwomen et jazzmen, est longtemps restée un peu pétrie dans la tradition, bien loin des expérimentations tous azimuts de nos cousins britanniques. Pourtant, petit à petit, la scène hexagonale rebondit, comme le prouvent les cinq albums suivants, tous à paraître au 23 septembre.

 

 

Laurent Coulondre « Meva festa »

 

Après avoir été élu « Artiste instrumental de l’année » aux Victoires du Jazz 2020 suite à son album en hommage à Michel Legrand, le pianiste revient ici avec un disque groovy, s’inspirant d’une part de la puissance des big bands mais aussi du jazz funk, le tout avec une touche très nette de latin jazz. Jazz Magazine ne s’y est pas trompé et à d’ores et déjà décerné un « Choc jazz » à cette sortie...

 

 

Thierry Eliez « Emerson enigma »

 

Le jazz a souvent repris des standards du classique ou de la pop (au sens large) mais le pianiste propose ici un disque audacieux dans lequel il (ré)interprète le répertoire de Keith Emerson, l’homme aux claviers chez Emerson, Lake & Palmer, groupe prog rock aux dizaines de millions d’albums vendus. Il fallait oser tant le prog a souvent été taxé de « pompeux » ou « grandiloquent » mais Thierry Eliez s’en tire à merveille grâce à sa créativité virevoltante et sa virtuosité.

 

Kham Meslien « Fantômes... futurs »

 

Le contrebassiste est la nouvelle découverte du label Heavenly Sweetness qui nous a déjà servi sur un plateau des artistes tels que Anthony Joseph, Guts, Blundetto, Florian Pelissier ou Laurent Bardainne. Après avoir joué notamment avec Lo’jo ou participé à diverses séances studio, Fantômes... futurs est son premier LP sous son nom et c’est une réussite. A la fois deep, envoûtant, spirituel et voyageur, le son de Kham Meslien ne manquera pas de rappeler les débuts d’un certain Henri Texier...

 

 

Scaring The Mice For Revenge

 

Les quatre membres de ce combo au nom énigmatique ont fait leurs armes dans les scènes jazz et rock indé françaises depuis des années. Preuve que leur alchimie fonctionne, les titres ont été enregistrés en un temps record, sans trop y réfléchir et sans overdubs. Leur musique, si elle se base sur le jazz spirituel, pioche allègrement dans la tradition hindoue et ne manquera pas de rappeler les meilleurs opus d’Alice Coltrane ou Pharoah Sanders à la charnière des années 60 et 70.

 

 

Anthologie « Rebirth of jazz : from Loriangeles with love »

 

Le label Rebirth On Wax, déjà responsable des formidables ressorties de George-Edourad Nouel, Ziskakan ou Louis Xavier, frappe encore avec cette compilation qui propose des titres jazz produits par des artistes de Lorient. Si vous n’aviez pas encore mis cette commune du Morbihan sur votre carte des villes jazz, vous allez sûrement changer d’avis à l’écoute de ce LP en édition limitée... Jazz funk, afro jazz, acid jazz, électro jazz, ethio jazz, maloya ou free jazz, le panorama sonore est varié et séduisant.

 

 

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