Interview de Erwann Pacaud, auteur de Easy listening : Exotica & autres musiques légères

Découverte

Bonjour Erwann, peux-tu te présenter en quelques mots ? 

Bonjour Vinyl Corner, pour me présenter en quelques mots, je suis actuellement rédacteur web dans un secteur autre que la musique et anciennement journaliste papier et web pour diverses publications musicales. J'ai 42 ans et je vit actuellement à Lyon, après avoir habité en Italie, à Nantes puis à Shanghai, en Chine. j'ai également publié en 2016 Easy listening, exotica et autres musiques légères aux éditions Le mot et le reste.

L’exotica est un style que le grand public ne connait pas forcément, comment le décrirais-tu et qu’est-ce qui t’as donné envie d’écrire ton livre ? 

C'est exact, c'est un genre peu connu en France mais très connu aux Etats-Unis encore maintenant. Même s'il fut en vogue dans les années cinquante et soixante, il reste quelques vestiges visuels comme les motels vintage ou autres bars à cocktail restés dans le jus. Il reste évidemment les vinyles que l'on peut encore trouver là-bas pour pas très cher. 

Le fait que l'on trouve quasiment aucune information en français sur l'exotica m'a poussé à ouvrir la brèche et à écrire ce livre, en élargissant sur la musique d'ascenseur et la musique d'illustration sonore. Et puis un jour je suis tombé sur un drôle de livre écrit en italien intitulé Mondo Exotica par un DJ (à l'ancienne) qui travaille également sur la radio Rai Tre. Ce livre, la Bible du genre, est devenu mon livre de chevet pendant de nombreuses années et je m'en suis un peu inspiré pour écrire le mien.

Du fait des années de production de l’exotica on comprend aisément le rapport évident qu’il y a au vinyle mais qu’est-ce que ce support t’inspire ? 

Le vinyle est bien sûr totalement adapté et complètement lié à l'exotica. Pour retranscrire la richesse musicale et l'ambiance paradisiaque créées par des instruments "exotiques" comme le firent Les Baxter ou Martin Denny par exemple, la stéréo, alors en plein développement, est le système (en enregistrement et en diffusion) le plus approprié. En ce qui me concerne, le vinyle est lié à un rituel et aux sens : vue,toucher, odeur, son. Celui de l'acheter d'abord happé par la pochette, en magasin ou en ligne, de le recevoir ou de fouiller dans les bacs et ressortir les doigts sales, d'ouvrir délicatement la pochette, de découvrir l'intérieur avec parfois des surprises, sortir la rondelle et de le poser sur la platine. Enfin poser l'aiguille puis écouter, tout simplement.

En plus de l’exotica, qu’est-ce qu’on trouve dans la collection de disques d’Erwann Pacaud ?

 Alors, il y a cinq ans, j'ai revendu quasiment toute ma collection de plus de 500 disques que j'avais commencé à la fin des années 90's. Comme beaucoup de monde , une collection retrace toute une vie et l’évolution musicale de chacun. il y avait donc pas mal de rock'n roll garage, soul, funk, northern soul, easy listening, exotica, library music musique de films mais aussi de la folk et du hip-hop. Depuis la revente, et depuis que je suis à Lyon, je me concentre sur les coups de cœur, comme par exemple le label Finder Keepers, Habibi Funk en Allemagne, Radio Martiko en Belgique et Akuphone en France. Ce qu'on appelle le global grooves m'attire particulièrement ainsi que les albums dites "musiques du monde" des années cinquante, soixante et soixante-dix influencés par la musique dite occidentale et enregistrés sur les cinq continents. De l'exotica à l'envers en quelque sorte...

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